Le volume accru d’échanges de données nous poussent depuis plusieurs années à construire des normes de description des contenus et données, par domaines métiers. Quels en sont les enjeux, au-delà des technologies ?
Ambitions normatives
Tout
est dans le titre ou presque. L’arrivée du web sémantique pour structurer le volume explosif des échanges de données et de contenus nous poussent depuis plusieurs années à
construire des normes de description des « objets informationnels » par domaines métiers. Je pense en particulier aux normes qui
régissent les métadonnées, telles Dublin Core et toutes ses "filles" élaborées depuis pour chaque univers métier.
Quitte
à viser le partage sur la toile, autant le faire à l’échelle de cette dernière,
c’est-à-dire mondiale. La langue ? Voyons, il suffit de construire des
modèles-pivots sur lesquels viennent se poser les désignations dans toutes les
langues voulues.
Oui mais…
Miroir des luttes d’influence
Aurait-on
oublié à quel point construire un modèle de données indépendant des langues est
une entreprise démesurée (je n’ai pas dit impossible) ? Se mettre d’accord
sur une représentation commune d’une réalité métier au sein des professionnels
dudit métier dans la même langue n’est déjà pas chose aisée. Quiconque a déjà
animé des ateliers de conception de modèles de données ou de plans de
classement en sait quelque-chose.
Quid
de la même communauté métier en contexte international ? Le périmètre du
métier sera-t-il seulement identique d’un pays à l’autre ?
De
fait, tout est ici question de concertation, négociation autour d’un
modèle-pivot le plus acceptable pour chacun… et donc de rapport de force, le
but étant le moindre effort de « mapping » entre son usage local et
le modèle de référence. On l’aura deviné : le premier qui dégaine et le
plus influent sortiront gagnants.
La production normative dans les technologies
de l’information pourrait être un indice de leadership
mondial presque aussi fiable que le dépôt de brevets.
Dans
quelle mesure les normes de description finiront-elles par unifier en retour
les modèles conceptuels locaux ? Les langues ? La pensée ? Prendre
du recul sur ces formidables facilitateurs d’échanges est peut-être crucial
pour en demeurer maîtres.
©
Christine Reynaud, Nouveaux Mess@ges SAS

Aucun commentaire:
Enregistrer un commentaire