jeudi 22 février 2018

RSE : ne pas nuire serait déjà un bon début



Le concept de "bien social" si mal partagé...


C'est fou comme les entreprises vous veulent du bien par les temps qui courent. Surtout les plus grandes. C'est d'ailleurs pour ça qu'elles dictent des lois qui vous précarisent toujours davantage.

Au cours de très nombreux débats de vive voix ou sur la toile, vous aurez entendu mille fois rabâché le discours sur l'Etat spoliateur, les salariés vampires et les chômeurs parasites, le carcan juridique, réglementaire et administratif et bien sûr les mérites du pauvre entrepreneur dépouillé de son bien, qui est, vous l'aurez deviné... celui de sa société (!).

A croire que ces malheureux ont créé leur entreprise ex nihilo, tels des démiurges dans une bulle au sein de nos sociétés, laquelle a fracturé la mince pellicule qui protégeait ce bien si durement créé par leurs seuls petits bras pour le leur confisquer.

Quand bien même elle se passe d'employés, quelle entreprise vivrait sans infrastructures de communication et de transports, sans fournisseurs, sans partenaires et surtout... sans clients ? Comment concevoir l'entreprise sans le tissu économique et social auquel elle appartient, dont elle est même issue et dont elle dépend puisqu'il n'est rien d'autre que son marché ? La responsabilité socio-économique de l'entrepreneur est comparable à celle de l'automobiliste dans l'espace public : qui oserait soutenir que la propriété d'une voiture autorise à en faire n'importe quel usage sur la route ?

Les discours sur la responsabilité économique et sociale de l'entreprise, prononcés la main sur le cœur et l'air pénétré d'une mission salvatrice, m'inspirent donc ceci : le premier devoir de l'entreprise comme personne morale et de ses dirigeants, c'est d'abord de se rappeler que la richesse nette produite par l'entreprise est une création collective.

La  RSE commence par la prise de conscience que l'entreprise est à la fois le produit et un contributeur de son environnement économique, social, technique et naturel, dans un équilibre qu'elle ne peut rompre sans lui devenir toxique.  Primum non nocere...

© Christine Reynaud, Nouveaux Mess@ges SAS


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