Le concept de "bien social" si mal partagé...
C'est fou comme les entreprises
vous veulent du bien par les temps qui courent. Surtout les plus grandes. C'est
d'ailleurs pour ça qu'elles dictent des lois qui vous précarisent toujours
davantage.
Au cours de très nombreux débats
de vive voix ou sur la toile, vous aurez entendu mille fois rabâché le discours
sur l'Etat spoliateur, les salariés vampires et les chômeurs parasites, le
carcan juridique, réglementaire et administratif et bien sûr les mérites du
pauvre entrepreneur dépouillé de son bien, qui est, vous l'aurez deviné...
celui de sa société (!).
A croire que ces malheureux ont
créé leur entreprise ex nihilo, tels
des démiurges dans une bulle au sein de nos sociétés, laquelle a fracturé la
mince pellicule qui protégeait ce bien si durement créé par leurs seuls petits
bras pour le leur confisquer.
Quand bien même elle se passe
d'employés, quelle entreprise vivrait sans infrastructures de communication et
de transports, sans fournisseurs, sans partenaires et surtout... sans clients ?
Comment concevoir l'entreprise sans le tissu économique et social auquel elle
appartient, dont elle est même issue et dont elle dépend puisqu'il n'est rien
d'autre que son marché ? La responsabilité socio-économique de l'entrepreneur
est comparable à celle de l'automobiliste dans l'espace public : qui oserait
soutenir que la propriété d'une voiture autorise à en faire n'importe quel
usage sur la route ?
Les discours sur la responsabilité économique et sociale de l'entreprise,
prononcés la main sur le cœur et l'air pénétré d'une mission salvatrice, m'inspirent donc ceci : le
premier devoir de l'entreprise comme personne morale et de ses dirigeants,
c'est d'abord de se rappeler que la richesse nette produite par l'entreprise est
une création collective.
La RSE commence par la prise de conscience que l'entreprise est à la
fois le produit et un contributeur de son environnement économique, social,
technique et naturel, dans un équilibre qu'elle ne peut rompre sans lui devenir
toxique. Primum non nocere...
©
Christine Reynaud, Nouveaux Mess@ges SAS

Aucun commentaire:
Enregistrer un commentaire